11.02.2006

Les choses comme elles sont

La vérité, c'est que j'ai parfois l'impression de m'auto-censurer. J'écris en fonction d'une diversité de lecteurs, amis et famille. Des enfants à ménager. Des amis de divers horizons, certains très informés, d'autres moins, sur les réalités balkaniques. Bref, je ne dis pas tout!

Mes enfants de Srebrenica m'obsèdent et il y a longtemps que je voulais y revenir. Le moment est propice, puisque je m'apprête à y retourner la semaine prochaine.

Descendez plus bas et revoyez ces images d'enfants. Revoyez Alex. Repensez à son discours pessimiste: « pas d'emploi, pas de futur, je suis coupable aux yeux du monde ». Une autre phrase qu'il m'avait dite : « C'est la faute aux Américains, à la politique mondiale, ce qui est arrivé ici ». Pensez victimisation. Pensez déni. Reculez à l'entre-deux guerres mondiales, au discours des jeunes chômeurs allemands. Maintenant, dites-moi que je rêve... Pensez à ce que les parents de ces enfants ont, pour la plupart, vu l'Armée chasser leurs voisins parce qu'ils étaient d'une ethnie différente... quand certains n'ont pas aidé... Et que plusieurs de ces parents, s'ils admettent les déportations massives, refusent encore d'accepter l'évidence du massacre. Pensez à l'héritage reçu par ces enfants, puis regardez-moi dans les yeux pour me dire que oui, j'ai tort de m'inquiéter...

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