C'était hier. Mon arrivée, ma découverte de cette merveilleuse ville, une ville qui me ressemble un peu je crois : un peu de tout, une personnalité de patchwork, un peu rien aussi. Je retourne à Srebrenica pour deux jours, ensuite, ce sera un jour à la montagne, puis une semaine de séminaire intensif. Ensuite, ensuite... un dernier sprint d'entrevues, puis les “au revoir”. Je pourrais vivre un an ici, deux, trois, quatre. J'aime Sarajevo. Je reviendrai. Je l'aime car elle a souffert, elle s'est relevée, elle est debout. Elle le sera toujours.
Dans une semaine, ce sera le cinquième anniversaire de la mort d'une femme que j'ai aimée plus que tout au monde, une grand-maman qui a été une mère. J'ai manqué les funérailles, parce que au loin. Je manque cet anniversaire pour les mêmes raisons. Je la manque constamment, même décédée. C'est tout dire. Elle me manquera toujours, et de partout. Peu importe les vies que je cumulerai, cette vie, et les autres à venir, celle du Ghana en février.
Devant un café, cette discussion avec Mia et Selma, sur la tolérance, la violence, la domination. Partout pareil. Mais le drame pousse à chercher le sens de la vraie vie. Trouver n'est pas l'essentiel... la sérénité est dans la recherche. Nous avons ri toutes trois des préjugés entendus sur Sarajevo. Malgré la guerre, cette ville qui avait toutes les raisons du monde de se radicaliser, est restée ouverte, multiculturelle, incroyablement belle.
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