3.28.2008
Noce blanche et nuits illuminées
Ce sont les nuits de New York qui m'accueilleront en mai... le tout grâce à la jeune demoiselle qui est photographiée ci-bas. C'est qu'elle a gagné le premier prix d'un concours de photographie sur le thème de la lutte contre le racisme (Université Laval). Je dis "elle" et pas moi, parce que c'est sa présence seule qui fascine. Et moi, je suis contente, parce ce prix me rassure : le Rwanda est pertinent, le Rwanda est important, le Rwanda existe.
3.21.2008
Post partum
C'est Marie, compatriote doctorante, qui m'a ouvert les yeux :
- À notre retour de terrain, on a tendance à cesser d'écrire. C'est dommage. Après, on le regrette. Le cheminement du retour est parfois aussi important que le terrain lui-même.
Elle a raison et je lui envoie une fleur. La réadaptation à notre société nous envoie souvent des signaux de première importance : durant cette phase, les difficultés de réadaptation sont riches en information sur le terrain qui s'est achevé.
Par exemple, je suis devenue un peu parano, et mes amis s'en amusent. Au resto, je parle à voix basse, je jette des regards derrière mon dos, parfois je me penche un peu vers l'avant pour échanger des confidences. Je lis dans les regards aussi. Et lorsque je rentre dans une pièce, mon esprit enregistre rapidement la position géographique des bipèdes en présence.
Étrangement, les retours de terrain sont peu documentés. Parce qu'on en a marre, parce qu'on devient oisif ? Pas vraiment. On est trop pressés je crois de replonger dans nos notes pour tout raconter, oubliant les leçons à tirer de la descente d'avion.
Depuis mon retour, je suis pourtant plus productive que jamais. Mais mes efforts sont dirigés ailleurs. Mon blogue est en perdition. Mais cette période est résolue : je m'y remets!
- À notre retour de terrain, on a tendance à cesser d'écrire. C'est dommage. Après, on le regrette. Le cheminement du retour est parfois aussi important que le terrain lui-même.
Elle a raison et je lui envoie une fleur. La réadaptation à notre société nous envoie souvent des signaux de première importance : durant cette phase, les difficultés de réadaptation sont riches en information sur le terrain qui s'est achevé.
Par exemple, je suis devenue un peu parano, et mes amis s'en amusent. Au resto, je parle à voix basse, je jette des regards derrière mon dos, parfois je me penche un peu vers l'avant pour échanger des confidences. Je lis dans les regards aussi. Et lorsque je rentre dans une pièce, mon esprit enregistre rapidement la position géographique des bipèdes en présence.
Étrangement, les retours de terrain sont peu documentés. Parce qu'on en a marre, parce qu'on devient oisif ? Pas vraiment. On est trop pressés je crois de replonger dans nos notes pour tout raconter, oubliant les leçons à tirer de la descente d'avion.
Depuis mon retour, je suis pourtant plus productive que jamais. Mais mes efforts sont dirigés ailleurs. Mon blogue est en perdition. Mais cette période est résolue : je m'y remets!
Mes favorites
Noce blancheButare, Rwanda, 2007- C’est jour de Noces. Toute de blanc vêtue, cette jeune demoiselle d’honneur rwandaise admire avec dévotion celle qui épousera son oncle Olivier. Dans les yeux de cette beauté d’ébène, défile la silhouette bleue de la mariée, la canadienne Marie-Ève. La demoiselle, fascinée par la différence, vit son premier contact interculturel. C’est pourquoi elle est si belle, si transfigurée. Et nous, de souhaiter très fort qu’elle demeure à l’abri le plus longtemps possible des conflits et des violences interethniques qui marquent sa société. Pour que triomphe l’innocence…

Femmes du monde
L’Européenne, la Nord-américaine, l’Africaine. Cumulant les identités, elles ont à trois vécu dans près de 30 pays, et se sont retrouvées au Rwanda en 2007, l’espace d’une « vie provisoire », pour citer L. Major. Intriguées, révoltées, chagrinées par le mal, la guerre et la violence, elles cherchent à comprendre POURQUOI. Les deux premières comme chercheures, la dernière comme journaliste. Une image toute simple, sans artifices, mais des yeux tantôt vulnérables, tantôt frondeurs, qui lancent : « pourquoi avez-vous peur de nous, de notre différence, de notre solidarité? »
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