J'ai une maman locale. Si, si, c'est vrai, et la voici, alors qu'elle dirige d'une main de maître l'exposition de son organisation multiculturelle. Les plus attentifs se souviendront de ma nomination à la tête de la section canadienne (encore très embryonnaire..) de cette association (dont le nom m'échappe encore), en fait, une section canadienne si embryonnaire que, selon les plus récentes estimations, elle ne compterait qu'un seul et unique membre, en l'occurence votre humble incruste.
Petite anecdote impliquant maman locale. Un matin, je me lève de fort mauvais poil et, pour remédier à la situation, essaie un truc vieux comme le monde : trouver un bouc émissaire. Variante Annie, librement inspirée des vieilles coutumes vaudou : maltraiter une poupée sensée représenter l'objet de la colère. Mon collègue Paul confirmera : j'en ai un exemplaire au bureau et le tout fonctionne très bien. Cela dit, je décide de sacrifier une peluche, que je pends à une fenêtre au moyen d'un fil de téléphone, dans la cuisine. L'effet est réussi, mon omelette du matin est préparée dans la rigolade. Pas de danger de choquer les âmes sensibles, la fenêtre donne sur la cour du voisin et il n'y a JAMAIS personne.
Jamais? Erreur. Aussitôt le dos tourné, j'entends frapper vigoureusement à cette fenêtre JAMAIS visitée. Revanche de la peluche? Inquiète, je m'en approche, et voilà que je tombe nez à nez avec maman locale qui gesticule à n'en plus finir à travers la vitre. Rouge comme une tomate, je décroche le cadavre, puis ouvre la fenêtre. Maman locale me supplie de lui prêter mes clefs, car elle a oublié les siennes et a dû s'introduire dans la cour du voisin dans l'espoir de trouver quelqu'une... Pas un mot sur la peluche, remarquez. Peut-être a-t-elle cru à une coutume québécoise?
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