11.14.2006

Arrêtée!

Aujourd'hui était un mauvais jour. Murphy m'a suivi à la trace sans me lâcher. Ce matin, j'ai respectivement reçu mes factures (salées) de téléphone, essuyé des échecs pour des rendez-vous, si fait, j'ai décidé de prendre un taxi pour aller me promener dans Dobrinja, la partie de la ville très touchée par la guerre et moins choyée, histoire d'explorer un peu. Me fais avoir par le chauffeur puis me fais vertement engueuler par la caissière parce que je n'arrive pas à saisir sa phrase.

Retourne en tramway: achète un billet, entre dans le tram pour le valider, manque mon coup (je devais appuyer sur un chiffre), le contrôleur passe, je tends mon billet, bien innocemment, mais non, lui me demande de sortir du tram, m'amène à un policier, je lui explique mon erreur : « je sais, je sais », me dit-il visiblement désolé, mais bon, me tend une amende à payer, une vingtaine de dollars. Me montre les instructions à l'entrée du tram, en bosanki bien entendu, je le regarde en haussant les épaules. Je fouille dans mon portefeuille, me rends compte que je n'ai presque plus de sous, lui me dit que si je n'ai pas l'argent sur moi, je dois me rendre au poste de police. Du coup, Murphy fait relâche, je réussis à gratter un fond de portefeuille. Le type semble heureux de ne pas avoir à me coffrer pour une connerie aussi ridicule. Avec générosité, me tend un billet : « avec cela, vous avez droit à un voyage de tram ». Merci, trop gentil. Un second tram passe, le contrôleur me fait embarquer. Erreur. Mauvais tram, qui se rend à la mauvaise destination. Je finis le trajet en marchant et en râlant. Une voiture me coupe en me frôlant alors qu'un petit bonhomme vert annonçait ma priorité de passage (ici, le virage à droite, c'est interprété comme un «  droit de virage » en tout temps!).

Près de chez moi, un guichet automatique... comme je n'ai plus un rond, je tente de sortir de l'argent. Vide. Le second, plus loin, est vide aussi. Le troisième avale ma carte. J'attends, rien à faire. Je m'apprête à tourner les talons pour appeler d'urgence VISA, quand soudain, ô bonheur, soleil de la journée, la machine recrache ma carte. Quatrième guichet, c'est le succès. Il est 17 heures, je suis rentrée, désabusée, mon premier réflexe est de verrouiller la porte et de me cacher.

Ce qui m'amène, puisque j'en suis, à aborder le côté un peu plus sombre de ce merveilleux séjour. Dans ce pays, mes chers amis, quand un bipède décide qu'il est de mauvais poil, tassez-vous. Un étranger, forcément, ça prend parfois plus de temps à comprendre, à s'exprimer aussi. C'est une position qui s'apparente à un handicap. Ajoutez à cela une notion de « service au public » très discutable. Oubliez l'adage « le client a toujours raison », ce pays a été marqué par des années de communisme, d'assistancialisme, de prise en charge par l'État. La gentillesse permet de hausser la clientèle, donc le profit? Soit. Mais n'oublions pas que le profit était une notion impropre au communisme...

Pause. Je viens de brûler mon souper (je vous jure que c'est vrai)

Où j'en étais : oui, sans oublier le facteur « internationaux de service »... parfois, on paie pour les abus qu'ont commis nos princes consorts, ceux qui ont oublié de respecter les locaux, souvent beaucoup moins fortunés. Enfin, autre facteur de friction : nos propres erreurs, comme voyageurs. Même avec la meilleure volonté du monde, et en dépit de l'expérience accumulée... elles sont inévitables. Il m'arrive souvent de me tromper (encore, quand je m'en aperçois...) parce que j'interprète mal les réactions des locaux (peut-être aussi la clef des relations hommes-femmes...). Erreurs difficiles à récupérer car elles relèvent de la double ignorance. Le parler ici est très abrupt! J'ai parfois l'impression que les gens se disputent alors qu'il n'en est rien. Une erreur très commune chez les étrangers. Avec le temps et les voyages, j'ai appris une chose : rien ne sert de lutter contre les marées. Il vaut mieux accepter d'avaler la grande tasse une fois de temps en temps, et rire de soi!

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