12.23.2007

Germaine


Voici la petite filleule de huit ans que j'ai choisi de marrainer, alors qu'elle commence sa vie d'étudiante. Germaine provient d'une famille nombreuse et dans le besoin, comme tant d'autres. En espérant que ses études pourront lui offrir des sentiers nouveaux... dans un Rwanda nouveau...

12.19.2007

12.11.2007

Une M16 pour une bibitte (Mon quartier, 8e)

La bibitte était d'un verf fluorescent éclatant. N'écoutant que mon instinct, j'ai sorti ma caméra de son étui puis me suis accroupie pour capturer ce trésor d'enthomologie, oubliant que je me trouvais à quelque 10 mètres du domaine présidentiel...

J'ai aiguillonné le focus, roulette par-ci, roulette par-là... l'image pas trop nette s'est éclaircie, assez pour que mon oeil entrevoie l'arrière-plan de ma bibitte : une M16, de tout son long pointée vers le sol, avec en parallèle une botte de soldat et un bout de pantalon de camouflage...

J'ai comme qui dirait bondi comme un léopard... pour me retrouver devant un soldat de la garde présidentielle, tout sourire.
- Je peux prendre la photo pour toi si tu veux...
Excellent français. Et moi de pointer stupidement la bibitte...
- Heu... je... voulais photographier... heu... l'insecte...
- L'insecte ? Ah... pas de problème dans ce cas... tu peux continuer...

Je vous ai dit combien j'aimais mon quartier ?

12.08.2007

Ténèbres enfouies


J'ai choisi le ton de l'humour pour raconter le Rwanda, car c'était pour moi un antidote. Cela ne veut pas dire que l'obscurité n'est pas le fait du quotidien d'un étranger. Hier, un consultant est décédé d'une crise cardiaque à 32 ans. J'ai un ami qui entend parfois des pleurs pendant la nuit, venant de la fenêtre de son appartement. Ce président d'entreprise rationnel croit désormais aux fantômes. Votre incruste fait regulièrement des rêves pas très barjos, s'éveillant en sueurs froides en plein coeur de la nuit. Une amie psychologue me confirmait cette tendance des étrangers à faire des cauchemars. Je crois que ces manifestations de stress (la maladie peut en être une accumulation) sont une manière d'absorber cette atmosphère lourde et invisible que l'on vient à ressentir au bout de quelques mois de séjour. Je qualifierais cela de forme de radioactivité humaine : ici, les émotions, si exacerbées par des années de souffrance, ne s'expriment pas. Une personne le moindrement intuitive en vient à incorporer cet étrange amalgame de silences et de demi-mots. Sans oublier certains regards inoubliables qui parfois bouleversent, parfois terrifient. Je ne sais pas comment l'expliquer... je crois que mes yeux ont changé au Rwanda... mon regard est plus actif je dirais... et je ne suis pas certaine que cela me plaise vraiment. A ma descente d'avion, c'est la question qui me brûlera les lèvres, quand je replongerai mon regard dans des yeux québécois : '' Dites-moi, dites-moi... que mes yeux n'ont pas changé et que je l'ai conservée... vous savez... cette petite lueur d'innocence..."

12.04.2007

Dealing with the enemy (7)

Deux jours sans électricité, avec le proprio qui trouve mille excuses pour ne rien faire. Je me demandais bien où il voulait en venir.
- Pour me faire pardonner tout ca, je t'invite à diner, m'a t-il gentiment proposé hier.
Voilà. Rien à voir bien entendu avec le fait que j'ai refusé de lui dénicher une lettre d'invitation pour le Canada il y a deux semaines...
Pour toute réponse, je lui ai ouvert une conserve de thon à la figure.
On parie que mes ennuis ne sont pas terminés ? Pas grave, moi j'aime le poisson.

Congorama (1)
Si la Presse de Montréal se donne la peine de le rapporter, dites-vous que c'est sérieux. Depuis dimanche, l'armée congolaise tente une offensive tout hazimuts pour déloger les ''forces négatives" (lire : Nkunda) des Kivu, avec l'appui de la mission des Nations-Unies (MONUC). Remarquez le sens du timing de votre incruste : une semaine après avoir quitté Bujumbura, les troubles reprenaient au Burundi et la frontière était partiellement fermée. Puis... deux semaines après avoir quitté le Congo, la frontière de Goma risque de fermer! Le plus comique dans cette affaire, c'est que mon amie Alyce, elle, doit par hasard se rendre demain à Goma pour son travail. L'art de ne pas se trouver au bon endroit, elle connait. Morale de cette histoire, ma chère Alyce : voilà pourquoi tu es journaliste et moi pas!
Congorama (2)
La curiosité de quelques amis me pousse à relater ici le dialogue qui s'est déroulé à la frontière congolaise, dialogue qui n'a rien de surnaturel pour qui connait le système :
Fonctionnaire- Madame, pour rentrer au pays, vous faut votre carnet de vaccination!
Incruste- Je l'ai pas, on ne m'avait rien dit.
Fonctionnaire- Dans ce cas, je peux vous en vendre un!
Incruste- Vous rigolez, c'est illégal ! Sans cachet du médecin ? Qu'est ce qui prouve que j'ai eu ces vaccins?
Fonctionnaire- On vous croit sur parole. Tenez, voici le carnet : je peux vous mettre les vaccins de votre choix. Lesquels voulez-vous?
Incruste (sortant les billets verts)- Mettez-moi ceux dont j'ai besoin pour rentrer dans ce pays!!!