10.26.2006

Pour avancer votre terrain, sortez les poubelles

Je sais, vous allez me haïr, mais il me faut l'avouer : il fait beau depuis deux semaines. Même que... depuis trois jours, le mercure monte à trente degrés dans l'après-midi. Fin de la parenthèse. Désolée. Ah oui au fait, je prévois une belle rando dans les montagnes ce week end... avec les coloris d'automne, c'est d'une splendeur... Tout de même exceptionnel ce temps, car le climat est habituellement très continental, très canadien. Je crois savoir pourquoi... mes hôtes ont passé une commande à leur dieu. C'était le Noël musulman cette semaine, le Bahren. Et ici, ça dure trois jours bien comptés ; pour mon terrain, avouons que c'était le désastre, tout était fermé, pas moyen de trouver âme qui vive pour mener mes entrevues. Alors je me suis décrétée en congé moi aussi pour... regarder les autres fêter. Comme cette soirée passée à ma fenêtre à observer la petite famille alors qu'elle chantait et jouait de l'accordéon... Mais cette fête musulmane prend une tournure différente en Bosnie, je crois. Lundi, toute la ville s'était donné rendez-vous dans les cimetières, en habits du dimanche, pour déposer des gerbes de fleurs à leurs morts. Plutôt triste.

Le titre? Oui, j'y arrive. Je disais donc que lundi avait été une journée désastreuse... comme tout était fermé (sauf les cimetières), j'ai décidé de partir à la recherche du bureau de l'Agence France-Presse à Sarajevo. C'est que je manque cruellement de contacts journalistiques sur Sarajevo... comme tout le monde s'en doute, une culture, un pays, une langue commune, ça rapproche. Je me suis dit que forcément, le reporter français serait sympatique à ma cause. Cherche l'adresse pendant deux heures, trouve enfin, sonne à la porte, une femme répond. « Bureau de France-Presse ? » «  Heu non, ils sont partis, je ne sais pas où ». Refais une heure en sens inverse. Ground zéro. Zéro terrain. Niet. Nichta. Le lendemain soir, je sors mes poubelles et là, en sortant, j'entends parler français, je m'approche, et je vois le fils du propriétaire qui fait visiter l'appartement voisin à une locataire potentielle (ça y est, l'Italien est parti). Nous fraternisons, ça clique tout de suite, elle est Belge, de mon âge, et tout de go elle lance à Amir: « elle vient d'achever de me convaincre, je le prends !» Je lui demande ce qu'elle fait à Sarajevo. « Je suis reporter ». Bingo. Elle emménage lundi. Inch allah!

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