C'est confimé ce matin : l'acteur Richard Gere et son équipe quittent le plateau de tournage de Sarajevo après seulement 10 jours de travail pour un film sur les criminels de guerre. Motif évoqué : la peur de rester ici! D'expliquer une porte-parole : « dans les journaux, on ne parle que de guerre et de terrains minés ». Je suis heureuse d'apprendre que le Roi Richard sait lire le bosanski... Bon, nous sommes tous profondément endeuillés et meurtris, du coup, plus question pour moi de mettre le nez dehors passé 18 heures, je m'enferme jusqu'à mon départ en avion, tremblotante de la tête aux pieds.
Farce à part, incident regrettable cette semaine : je vous ai parlé de Mostar, la ville divisée. Une mosquée qui se trouvait du côté croate a reçu un obus une nuit qui a partiellement détruit sa façade. Manifestation d'un Croate intolérant ? Plusieurs journaux penchent au contraire pour la thèse d'une attaque terroriste d'islamistes visant à enflammer la commnauté musulmane et à recruter de nouveaux membres. Qui dit vrai?
Je me suis perdue en cherchant l'adresse d'une organisation de recherche pour personnes disparues. Organisme que j'ai rebaptisé « missing office » (bureau disparu) pour les besoins de la cause... A ma grande surprise, un monsieur d'une soixantaine d'années a entrepris d'interrompre ses activités pour chercher le lieu avec moi, y consacrant une demi-heure de son temps. « Il n'y a aucune logique de rues à Sarajevo, tout est possible! ». C'est lui qui a trouvé et il a tourné les talons avant même que je n'aie le temps de le remercier chaleureusement et de lui demander son nom. Un geste gratuit qui, mine de rien, a fait ma journée et compensé pour l'énorme perte qu'a représenté dans ma vie le départ du Roi Richard.
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