9.18.2007

Ces hasards de la vie

C'était aux environs de 2002. Un début mars, aux Monts Success, dans les Appalaches américaines. Je m'étais aventurée dans une entreprise de fous, que je raconte encore régulièrement. Une randonnée raquettes en camping d'hiver, dans des sentiers balisés, 5 jours de grand air. Vraiment? En fait, le sentier n'était pas balisé, la température a chuté à -35 degrés tous les jours... nous nous sommes perdus un soir, sans oublier que notre guide, Francis, a failli être amputé des orteils. Moi j'ai perdu 5 livres en trois jours, on s'est tous retrouvés à l'hôpital de Sherbrooke, hirsutes et déshydratés, autour du guide meurtri. Neuf zigotos, soudés serrés dans l'adversité, tous avec une personnalité bien définie mais complémentaire. Moi, l'infirmière manquée un peu môman, investie d'une seule mission « soulageons ces orteils! », rôle (maladroit) que je m'étais imparti en tant que détentrice de la précieuse trousse de premiers soins. Parmi eux, Manu, un Français fou du Québec venu y étudier une année, grand, zen, inébranlable même par grands froids.

Manu avait passé le plus clair de l'année à galérer au Canada avec son sac à dos plutôt qu'à étudier. Après sa maîtrise plus ou moins avortée, il est rentré en France, a décroché un boulot d'ingénieur dans une firme de télécoms, puis s'est mis à s'emmerder littéralement. Nous avons gardé contact, de loin. La semaine dernière, ô surprise, voilà qu'Emmanuel envoie un de ces messages collectifs annonciateurs de grands changements dans une vie:
« Chers amis, je vous annonce que je suis affecté un an à Bukavu ».
Le hic, c'est que Bukavu, dans le Congo voisin, est à 5 heures de bus de Kigali! Une guerre sévit là-bas, d'où la convergence des organisations humanitaires.
« Hé! Nous serons voisins! »
Lui ne me savait pas à Kigali. « Espèce de baroudrice, où est le chum, la tondeuse et la balayeuse? Comment ça se fait? » Lui en avait marre de la stabilité, et travaille désormais pour la Croix-Rouge, cette fois comme ingénieur sans frontière. Pas son premier mandat en Afrique.

Je l'ai mis en garde. Attention, je m'amène!
« Cette fois, on part en randonnée dans les montagnes congolaises, histoire de visiter les innombrables et innomables armées sans frontières qui foulent le terrain! »

Ces sectarismes qui nous unissent

Au Canada, les Témoins de Jéhovah ont jadis fait scandale pour leur refus d'accepter les transfusions sanguines? Soit. Au Rwanda, nos amis de Jéhovah ont soulevé l'ire (et les rires) cette semaine en refusant... de participer à une vaste campagne d'arrosage des maisons à l'insecticide, mesure reconnue efficace pour lutter contre l'Anophèle porteur de malaria.
Réveillez-moi quelqu'un!

4 commentaires:

dradeb a dit...

C'est très simple, Annie; les témoins favorisent le respect des bibittes.
Roger

Annie a dit...

hum... objectif louable en soit, mais là où j'ai du mal, c'est lorsque cela se fait au détriment de la bibitte à deux-pattes. Un enfant sur trois victime de la malaria cérébrale en meurt...
A la prochaine, Roger, et bon automne!

Anonyme a dit...

Annie j’ai ait partie de cette organisation et je peu te dire qu’il n’y a rien a comprendre, c’est triste voila tout
Christian
En passant je ne sais pas ou tu es mai ici l’automne est magnifique

Annie a dit...

Bonjour Christian,

Si cela peut te consoler : les Temoins de Jéhovas ont finalement changé d'idée et joint la campagne d'éradication des insectes.
Je suis toujours au Rwanda, nul automne ici, mais bien un éternel printemps...