9.30.2007

Québec-Trois-Rivières

À un peu plus de 120 km du pallier de ma maison, la guerre civile. Des milliers de femmes violées, des déplacés par dizaines de milliers, des paysans tués, tous sont victimes de milices incontrôlables. Alors que je nageais dans le Kivu, le visage tourné vers le soleil qui profilait derrière les montagnes conglaises, j'étais à quelques kilomètres à peine de l'insécurité.

Les frontières sont peut-être poreuses ici, pourtant nulle part ailleurs n'ai-je senti avec plus d'acuité leur présence, et le rampart absolu qu'elles opposent à la souffrance des autres. Faut-il préférer voir siffler les balles ou moisir chez qui appuie sur la détente?

La troisième guerre mondiale, c'est celle du Congo. Les Africains le savent depuis longtemps. C'est un épisode de plus dans un livre qui finira mal. La BBC a commencé à en parler. Mais il faudrait un carnage pour que l'Amérique ne daigne s'y intéresser. Le Darfour occupe toute l'attention et il n'y a pas de place dans les nouvelles pour deux drames africains. Alors celui-ci se joue dans le silence, à coups de trèves violées d'avance.

Pourtant, depuis 10 ans, 4 millions de morts au Congo. C'est dix fois le Darfour.

2 commentaires:

dradeb a dit...

Je te trouve bien pessimiste, Annie, mais l'histoire de l'humanité te donne raison. Puisse-tu au moins trouver la nécessaire sérénité dans cet junivers de bruit et de fureur.
Amitiés
Roger

Annie a dit...

Merci Roger.
Non, pas de pessimisme, juste une bonne dose de realisme malheureusement. De me lancer un journaliste congolais, qui exerce a Kinshasa, loin de la zone des combats: "mais c'est relativement calme au Congo, hormis ces petits troubles frontaliers...". L'habitude quoi... la valeur de la vie humaine ici n'est rien en regard de celle de la communaute, ce que les occidentaux comme moi ont du mal a se mettre dans la caboche...