

Deux jours durant, j'ai accompagné Marc, réalisateur à Radio-Canada, lors d'un reportage-école avec ses étudiants de journalisme, certains déjà des professionnels en exercice. Objectif : effectuer un long reportage sur le Lac Kivu, qui sépare le Congo du Rwanda, reportage décliné en divers thèmes : environnement, tourisme, projet d'une usine canadienne, commerce avec le Congo et contrecoups de la guerre. De loin, le projet d'une entreprise canadienne de construire une usine d'extraction du méthane m'a le plus fascinée : le Lac Kivu, véritable Lac St-Jean local, est coincé entre les volcans. Ses fonds marins regorgent de méthane, gaz nocif incolore et inodore qui peut être mortel si inhalé. Le scénario catastrophe à la Katrina est le suivant : en cas d'irruption volcanique (comme celle qui a eu lieu à Goma il y a quelques années), la lave de volcan, si elle atteignait les fonds marins, pourrait tout d'un coup libérer le gaz méthane et le faire remonter à la surface... tuant 2 millions de personnes... Bref, le projet d'extraction de ce gaz, en plus de servir les intérêts énergétiques du pays, pourrait prévenir d'une catastrophe annoncée.

Je me suis baignée dans le Lac Kivu. Je sais : même les crocos et autres mammifères marins l'ont déserté, et les rumeurs font état du danger de certaines zones, où les inhalations peuvent tuer. Marc s'est abstenu, surtout par crainte de la présence de vers qui entrent sous les ongles... Comme quatre jeunes journalistes blancs-becs m'ont mise au défi de plonger tête première, à 6 heures du matin, je n'ai pas su résister. Aux dernières nouvelles, je suis bien portante, comblée par le souvenir de cette brasse au soleil levant...

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