9.28.2006

L'indicible

« Je ne devrais pas dire ça, par respect pour ma fille enceinte mais... les enfants me font peur. Avoir su ceci, je n'aurais jamais eu d'enfants. Je ne sais pas si je survivrai quand ils viendront me porter les ossements de mon fils. Ils disent que c'est plus facile quand on sait ce qui est arrivé aux disparus. Moi, je préfère espérer tous les jours... le revoir passer le seuil de cette porte ».

Deux jours à entendre des témoignages empreints d'horreur. Table ronde sur le reportage des crimes de guerre aujourd'hui et demain. Mes compatriotes : des journalistes dont la plupart ont leur tête mise à prix. Leur faute : débusquer des génocidaires et des seigneurs de la guerre qui se la coulent paisible dans une villa ou une haute direction ministérielle quelconque. À chaud, comme ça, je ne sais pas trop quoi dire à part que je garderai certaines histoires pour moi ; il est inutile, parfois, de rappeler l'existence du mal. À dire vrai, je suis désabusée. En même temps, de voir ces journalistes de Serbie, du Montenegro, de la Bosnie et de la Croatie ensemble, les larmes aux yeux, c'est déjà une consolation.

2 commentaires:

Anonyme a dit...

C'est bien Annie, fais ton voyage au bout de la nuit. L'humain, c'est aussi(surtout?) cela, et c'est en fin de compte finalement rassurant de toucher du doigt la barbarie, voir jusqu'où on a pu descendre. On est en terrain connu, ensuite. Plus de vertige.

Walt-Indi Disney.

Anonyme a dit...

Chère Annie, je vois que le travail est vraiment commencé... Pas facile de lire des témoignages comme ça, j'imagine de les entendre, avec les émotions et les regards... Tes textes sont tantôt touchants, tantôt drôles, mais surtout toujours intéressants. Je prends plaisir à visiter ton blog chaque jour! Merci!
Dominique