J'ai dû faire tout un lapsus cet après-midi parce que je n'avais jamais vu Gospodin rire ainsi. A s'en tordre la rate pour tout dire. J'avais, comme à mon habitude, fait mon petit numéro dans le jardin, baraguinant une phrase ou deux, histoire de faire étalage de mon (très hypothétique) amélioration linguistique.
Gospodin a bien essayé de m'expliquer la faute, mais peine perdue. J'en déduis de ses gesticulations que :
a. la faute était de caractère grossier (dans le sens de "grossière indécence")
b. ma connaisance de la langue locale est un chantier en perpétuelle construction
c. les cours de langue, que je commence demain, me seront d'un grand secours
Le Ramadan est commencé, si fait, la famille qui m'héberge, Gospodin en tête, entreprend le jeûne traditionnel. Ce qui signifie : repas avant le lever du jour et après le coucher du soleil. Du coup, il y a moins de pommes qui se promènent le jour, moins de petits plats, ce qui a des implications directes sur mon frigo. J'ai réussi à épuiser ma réserve de pommes!
Mostar
Premier voyage en train ce week end, pour me rendre à Mostar (vers la Croatie) rencontrer les nombreux Français et Italiens qui prennent une pause de leurs vacances croatiennes en Mer Adratique pour se la jouer sérieux-d'après-guerre. Je plaisante à peine. Mostar est cette ville séparée en deux (côté croate-catholique, côté bosniaque-musulman) par une rivière et reliée par un pont célèbre (Old Bridge) détruit pendant la guerre et symbole de la scission entre les mondes. Ceux qui ont vu le film "No man's land" reconnaîtront. Il en reste : une ville encore très détruite le long des rives, deux entités restées séparées, et une grosse industrie touristique en devenir, sur fond de souvenirs de guerre.
Mon avis sur la question ? Hum, je crains un peu que le tourisme n'en vienne à dépayser cette ville superbe (ce qui est de l'égoïsme, étant moi-même touriste); sinon, je dirais que le côté bosniaque est franchement plus intéressant d'un point de vue visuel et culturel (impressionnante civilisation turque...). Enfin, j'avouerai que mon trajet de 3 heures en train à travers les montagnes bosniennes aura été le point fort de ce voyage. Magnifique. Je tente d'envoyer quelques photos à qualité douteuse (je ne maîtrise pas encore très bien l'art du mouvement).
Un truc qui grince : j'ai un peu de mal avec certaines références mémorielles. Lu sur la plaque posée à l'entrée des restes de la bibliothèque nationale: "cette bibliothèque a été détruite par des criminels serbes...". Je ne suis pas une adepte de la rectitude politique mais bon, tout de même, côté réconciliation nationale, faut repasser. Ce slogan politique aussi : "100% BiH". Connotation très ethnique, "sang national qui coule dans mes veines".
(pause)
Le fils de Gospodin vient de m'apporter une bouffe monstrueuse. Ce qui m'amène à y aller d'un bémol quant aux conséquences-frigo du jeûne résidentiel : j'anticipe plutôt un déplacement dans le temps et non l'arrêt des petits plats! Menoum! Si j'en juge par la diversité exceptionnelle du plat composé de légumes en pâte filo, de banitsa (pains oeufs-fromage-épinard), poulet et j'en passe, j'en déduis que mon lapsus linguistique était tel que la famille au grand complet a tenu à me remercier d'avoir ponctué de rires son soûper...
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