9.30.2006

Des hauts et des bassesses

Montagne

Un coopérant policier suisse en poste à Sarajevo a eu la gentillesse de me permettre de le suivre pendant son entraînement en montagne. Nous avons grimpé le mont Jahorina (2025 m) en moins de temps qu'il ne faut pour dire « ayoye », et il semble que je ne l'ai pas trop ralenti. Récompense bien méritée au sommet : une vue magnifique et un thé à la menthe concocté par l'unique (et bien seul!)employé de la station météorologique. Au retour, le fils de la famille, Amir, qui dirige le centre sportif des militaires onusiens, était curieux de voir le résultat des courses. « Pas mal », a été son commentaire, « habituellement, on met un bon 2h30 la première fois. » Ça y est, la réputation sportive des Québécois est sauvée. Entre vous et moi : je ne l'ai pas trop fait paraître mais j'en ai quand même bavé un bon coup...

Crimes de guerre et anecdotes

L'économie de la guerre, c'est...
- 400 marks allemands offerts en récompense aux tireurs embusqués pour chaque personne tuée à Sarajevo
- des seigneurs de la guerre qui faisaient des affaires tant avec les Croates, les Serbes que les Bosniens.
- savoir que ceux qui ont fait leur fric en vendant des armes sont ceux aujourd'hui qui reconstruisent les villes en pompant l'argent européen.

Voisins peu recommandables...
A Sarajevo, un religieux qui passe pour un pacifique défenseur de la réconciliation a, pendant la guerre, donné sa bénédiction aux chars d'assaut... et tout le monde le sait.

Le comble de la rectitude politique
Employer le terme de « déménagment humain » pour désigner les déportations...

Srebrenica en rappel
6000 personnes ont été massacrées à la barbe des soldats des Nations-Unies qui n'avaient pas le mandat d'intervenir par les armes, parce que en « mission de paix ». Les soldats ont vu les milices séparer les hommes des femmes et enfants, puis pousser les hommes dans des camions. Les véhicules s'arrêtaient quelque part en enfer, en bordure de la ville, là où on entendait clairement des salves de tirs de feu. Les hommes, les mains liées derrière le dos, savaient ce qui les attendait. On les enlignait et... Le comble de l'horreur dans ces détails absurdes : on a fourni des chaises aux soldats afin d'éviter qu'ils ne se fatiguent devant l'ampleur des fusillades à faire.

Remarquable

Je cite quelques réflexions faites par Miroslav Filipovic, journaliste serbe de Belgrade, qui a passé sept ans en prison sous le régime de Milosevic pour « traîtrise à sa nation », parce qu'il ose critiquer l'attaque de la Serbie en Bosnie-Herzégovine.

« Je m'intéresse aux crimes que mon peuple a commis, je veux améliorer mon pays ; je veux que mes enfants vivent dans un pays qui redevient droit ; l'éclatement de la Yougoslavie a eu lieu il y a 15 ans mais dans une telle violence qu'elle bascule encore ; notre plus grande tragédie à tous, c'est que les criminels de guerre ne sont pas jugés par leur peuple respectif, et sont encore acclamés comme des héros. En tant que nation, on n'a pas fait ce qu'on aurait dû faire depuis la seconde guerre mondiale, on en est encore là et nos enfants vont de nouveau naître dans la guerre »

« N'oublions jamais que nous préparons actuellement les guerres qui auront lieu dans 30 ans. Je n'ai pas besoin d'un grand État de Serbie qui soit bâti sur des cadavres »

« Le crime, c'est de déchirer les livres »

Faisant référence au viol d'une enfant serbe de 2 ans qui a soulevé l'ire de l'opinion publique tout récemment : « pourquoi nos récepteurs de mal ne fonctionnent-ils pas pour les autres peuples? Parce qu'on ne les voit pas comme des hommes?"

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