4.26.2008

Le pouvoir

Un exil éternel, une soif de pays, des années d'oppression, un complexe de Napoléon, un manque de reconnaissance chronique? Quels facteurs peuvent expliquer que des hommes partent à la conquête du pouvoir comme l'on va à la poste ? Et surtout : comment réagir face à des hommes sans scrupules pour qui le pouvoir est une fin et non un moyen ? Jusqu'où va la tolérance face aux intolérants ?
Le Rwanda m'aura fait comprendre à quel point l'intolérance est un mal contagieux, d'une sournoiserie sans borne. Un jour, je suis demeurée interdite, je me suis découvert des zones d’ombres, des interstices d’immoralité, me surprenant moi-même à adopter la plus infâmante des postures humaines : la déshumanisation de l’Autre, le sentiment que devant des hommes aux comportements abjects, je refusais de partager mon humanité avec eux. « Ce sont des créatures, ils violent systématiquement des droits humains, ils ne méritent pas ce qualificatif d’Homme ».
Et là, soudainement, je comprends un peu mieux le principe de l’escalade dans la violence, je me rends compte à quel point cette violence est humaine, même chez les plus rationnels d’entre nous. Un cheval de Troie... car elle naît souvent de la violence commise par l'autre.
C'est dire comme chaque geste violent est un mauvais germe planté.

4 commentaires:

dradeb a dit...

Bien sûr, Annie, cette violence est humaine, comme tu le dis ; elle se manifeste aussi dans les cours de récréation des écoles et même entre enfants en bas âge au sein des familles. Il y a de la bête en chacun de nous, certains animaux, comme les carnassiers, assurant leur survie au détriment des autres.
Quant au pouvoir, il s'agit sans doute aussi de quelque chose qui est dans nos fibres et peut à voir avec le besoin d'être en prise sur quelque chose, avec la tendance à créer un certain ordres. On le retrouve partout où l'on vit en groupe, y compris chez les animaux.
Mais je ne pense pas qu'il faille nécessairement être pessimiste pour cela, pas plus qu'il ne faille s'adonner à un optimisme béat en croyant que l'espèce humaine est appelée à s'améliorer. En tout cas, sûrement pas à court ou à moyen terme. Alors, il faudra continuer d'accepter cette réalité et vivre de son mieux avec elle.
Voilà les quelques mots que je veux partager avec toi à la suite de ton plus récent blogue.
Amitiés,
Roger

Makwa a dit...

Chère Annie, je suis bien d’accord avec toi, j’ai assisté de très près à la maladie et à la mort de proche, dans ces épreuves les malades peuvent devenir très désagréable même pour ceux qu’ils aiment…dur de leurs en vouloir mais on doits quand même s’en protégé. Les Épreuves, la souffrance peuvent accentuer nos travers et des défauts que l’on ne soupçonne même pas avoir, c’est pourquoi je crois qu’en période de paix on doit surveiller de quoi on nourrie notre cœur, pour que quand il sera mis a l’épreuve, il reste digne.

bosniac a dit...

annie salut c est fred de Sarajevo. J y suis encore mais je la quitterai le premier Juillet ca va être difficile. Je ne fais que passer pour te faire un petit coucou

Annie a dit...

Fred! Je te soupçonne d'être devenu amoureux de la Bosnie...