4.05.2008
Déconnecté
J'ai eu un choc samedi passé. Il y avait une conférence à Montréal qui portait sur les circonstances du génocide- un débat dans lequel je n'ai pas envie de mettre les pieds. Il était question de la difficile recherche de la vérité. Le tout a dégénéré en cirque, des participants allant jusqu'à insulter les conférenciers. Mon choc, c'est de me rendre compte du décalage qui subsiste entre la diaspora engagée et les Rwandais présents au Rwanda, qui vivent à tous les jours la réalité de la réconciliation. Une question qui là-bas n'est même plus politique, mais bien sociale... J'avais envie de me lever et de hurler: "Je n'entends que de l'intimidation verbale ici, alors que des gens là-bas se battent pour la liberté d'expression! Nous avons une démocratie, et des gens venus pour la ruiner?" Pour dire vrai, j'ai quitté avant la fin, avec mal de tête.
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3 commentaires:
Annie,
L'attitude dont tu parles est malheureusement très courante et on la retrouve dans bien des domaines de la vie. Elle toujours liée à l'engagement sous une forme ou une autre. On l'appelle sectarisme, fanatisme; elle constitue à s'attribuer le monopole de la vérité et de la vertu et aux autres, la fourberie, la malhonnêteté et la méchanceté.
Lorsque Kant a rêvé d'un rapprochement entre les humains et les nations fondé sur la raison (c'est lui qui a eu l'idée d'une grande Société des nations), il a commuis une grave erreur : il a oublié le côté irrationnel de l'homme; il a oublié les émotions.
Voilà ce que m'inspire à chaud ton dernier blogue.
Roger
J’avais un poème que je n’arrivais pas à finir, après la lecture te ton article, la fin c’est imposé. Il est sur mon blog. Dit moi, tu a été surprise… du déroulement de cette soirée ?
Bonjour Makwa,
Non, je ne suis pas étonnée de la tournure des événements. Mais l'être humain carbure à l'espoir, et les scénarios qui s'écrivent en avance dans nos têtes regorgent parfois en embellies. Au Rwanda, mon imagination "positive" était au point mort, je m'attendais toujours au pire, j'étais donc rarement déçue. De retour au Canada, me voilà qui soudainement perd ma peau de chagrin pour reprendre ma peau de bébé, avec sa part de naïveté.
Roger : je suis d'accord, et j'ajouterais que je m'amuse souvent des quelques théories macroéconomiques qui présument des "choix rationnels de l'Homme". L'homme est fait de chair, de sang bouillant, voilà.
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