6.08.2007

Deux incrustes au Far west

Bujumbura. Gustave et des hypos, nulle trace ni d’Eve ni d’Adam. Mais déguster un poisson (muneke) grillé, les pieds dans l’eau, sur une plage bien proprette, puis nager dans une eau fraiche sous un soleil de plomb, cela vaut bien toutes les bestioles du monde !

Suicidez-moi

Pas demain la veille que le Burundi deviendra un haut lieu touristique. Commençons par sécuriser les lieux SVP. Vous croyez Montréal à la merci des automobilistes fous ? Erreur. Ici, les chauffards non seulement appuient sur le champignon pour écraser les piétons, mais de plus embarquent sur les trottoirs pour les ramasser… en un éclat de rire ! Après deux jours à ce régime, j’avais peine à croire que nous étions encore en vie, Alyce et moi.

Civilité 101

Alyce a de justesse sauvé son sac à main d’une saisie en règle. Moi, un type m’a carrément agressée dans la rue en plein jour… il s’est avancé vers moi et m’a saisi la poitrine. Ma réaction a été… heu… surprenante. Ai hurlé au type : « Hé ! Na kibazo hein ? » (traduction : y a pas de problème hein ???). Pas trop futé ni trop pertinent, je sais. Effet immédiat : hilarité des passants masculins et fureur de l’incruste. Inimaginable, une femme (fut-elle incruste) se fait agresser dans une rue et pas un chat pour lever le petit doigt… Pas trop rassurant. Consolation : le type n’avait pas grand chose à se mettre sous la main.

Fantasme de mangue

Le summum du plaisir gastrique. Alyce et moi, on a risqué notre peau quatre fois plutot qu’une au paradis des pickpockets (lire : le marché) pour nous approvisionner en morceaux de paradis. Sans nous faire happer par une voiture en plus… La mangue est devenue un enjeu de paris entre nous, c’est dire… « Je gagne, je bouffe la dernière ». La mangue, c’est aussi le surnom donné a un journaliste de Bujumbura qu’affectionne particulièrement ma compagne de voyage.

Visa

Tout a commencé à la douane burundaise : on m’octroie un visa de trois jours, m’enjoignant de passer à l’immigration pour obtenir les quatre derniers jours requis. Ce qui ne devait etre qu’une formalité s’est transformé en cauchemar administratif. Premier essai : on me renvoie, sous prétexte que j’ai besoin d’une photo passeport et d’une photocopie de passeport. Parce que voyez-vous, le bureau n’a pas sa propre photocopieuse ou photomaton. Trouve une photocopieuse, mais pas de studio, finis par découper une de mes cartes existantes, puis retour au bureau. On me fait remplir deux formulaires, on me prend mon passeport et on me demande de revenir le lendemain pour recevoir la « réponse ». Jour deux : je reviens le matin, rien n’est fait. On me dit de revenir à 16h. Retour en fin de journée : non seulement rien n’est prêt mais de plus, le type a égaré mon passeport. S’ensuit la demi-heure de panique réglementaire de l’incruste, pendant que le type farfouille dans tous les classeurs. Je regarde le type dans les yeux : « Ne me dites pas que vous avez perdu mon passeport, monsieur ». Yeux méchants et lourds de sous-entendus. Cerveau empli de scénarios catastrophes. Le type finit par retrouver le Précieux. Retour à l’hotel, manque de me faire écraser par un chauffard…

Dodo

On a passé une nuit, une seule, dans un hotel que nous avait recommandé un « ami », l’Albatros. Le nom était charmant, mais après une presque noyade dans la salle de bain et des bruits nocturnes témoignant de l’agitation de nos voisins, nous avons plié bagages. Nous logeons à l’hotel de l’Amitié, endroit très très bien. J’ai compris l’origine de son nom après avoir traversé la rue une première fois : on est tellement heureuses quand on réussi à franchir le seuil de la porte

Mon frère, ce pygmé

Ai rencontré mon premier authentique pygmé à l’hotel. En ballade pour une conférence régionale, ce cher homme sortait de son antre boisé congolais pour la première fois, m’a t-il expliqué. « Je porte un nom pas trop original, par contre », a-t-il avoué, anticipant ma déception. « Pierre ». « Ah, le nom de mon frangin ». Ai toujours pensé que mon frérot, meme à 1m80, resterait toujours mon petit frère…

Tom Cruise

Fallait vraiment etre en manque de cinéma pour se farcir Tom Cruise, version Conte de fée 1985 (Legend) au centre culturel français. Du sous Seigneur des anneaux, mais bon, après deux mois loin du grand écran, ça passe la rampe.

Vive le Québec libre

La fierté, c’est se rendre compte que des inconditionnels africains, clients de l’hotel, se massent devant la tivi communautaire chaque 20h30 pour visionner Rumeurs sur TV5 Monde. Oui, Lynda Thomson, Geneviève Brouillette et James Hyndman ont gagné le cœur de l’Afrique… moyennant sous-titres bien sur.

Petits lynchages entre amis

Hier soir, la foule a attrapé un type dans la rue pour lui faire passer un fort mauvais quart d’heure. La justice sommaire à son meilleur. Je ne sais pas ce qu’il avait fait, mais force est de constater l’enthousiasme des passants qui se sont empressés de joindre la cohue pour lui régler son compte. Avec le sourire. Je ne sais pas ce qu’ils en ont fait, car Alyce et moi, on a déguerpi. Après des années de guerre, le moral a été atteint ici. L’alcool coule à flots, la violence est devenue une forme d’habitude.

Bon, il me reste deux jours ici. Je fais gaffe, et reviens avec des photos.

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