9.28.2008

Casser la Barack

Quelqu'un a-t-il vu Obama?
À l'aube des élections américaines, peut-être pas une mauvaise idée d'en appeler à quelques souvenirs rwandais.
À Butare, les étudiants en journalisme carburaient au CNN au quotidien, dans la salle de classe principale qui faisait office de lieu de rassemblement autour de la télévision. L'avenir du journalisme rwandais était donc très au fait de l'avenir de la politique américaine.
Obama intriguait, bien sûr. Un homme noir, président des États-Unis, ouf, c'était certes une perspective séduisante.
Mais les étudiants ne manquaient pas de me rappeler que : M. Obama n'avait jamais mis les pieds en Afrique, à l'instar de plusieurs "afro-américains" mués par des préoccupations à mille lieues des leurs. Espéraient-ils la naissance d'une familiarité entre "gens de couleurs", depuis l'Amérique jusqu'en Afrique ?
En fait, non.
"Ils ne s'intéressent pas à nous".
Les étudiants avaient compris que la couleur importait peu, et que la naissance d'un symbole ne signifiait aucunement l'établissement de ponts concrets. Ils aimaient l'idée, l'exemple, le style Barack. Mais ils savaient aussi que l'abstrait et le lointain ne font pas les coups de foudre.
En revanche, nous les Nords-américains, nous jubilions. C'est que Barack nous donnait bonne conscience : il incarnait le rêve sacré de la tolérance. Il était la preuve que des blancs pouvaient voter pour des noirs. Il était l'image que nous rêvions d'envoyer à notre terre d'accueil rwandaise.
Une image, toujours.

5 commentaires:

Makwa a dit...

Bonjour Annie, content de pouvoir te lire de nouveaux, tes commentaires sont toujours aussi intéressants et surtout utile pour équilibré notre vision du monde.

Merci

Christian

Annie a dit...

Bonjour Christian,
Hé,hé, je commençais solidement à déserter, pas vrai?
Comme quoi les retours à la maison sont parfois moins inspirants...

Makwa a dit...

Sérieusement une partie de ton cœur a due être tiraillé et beaucoup de cœur d’Afrique doivent s’ennuyée de toi… a tu des projets pour y retourné ?

Annie a dit...

Le voyage, c'est une maladie incurable, on y revient sans cesse ;)

Anonyme a dit...

beaucoup appris