2.03.2008

Tremblement

Aujourd'hui, une série de tremblements de terre a frappé Bukavu, la ville congolaise frontalière d'avec le Rwanda. Une fois de plus, le Lac Kivu est frappé de malheur, comme si Dame Nature se mesurait avec la nature humaine, dans un triste bal macabre qui n'en finit plus. Beaucoup de dégats. Des morts. Une tare de plus pour une population déjà vulnérable, décimée...

On me demande si le Rwanda m'a marquée... surtout que le silence semble être mon refuge depuis mon retour. Je regarde mon parcours, j'ai l'impression de sortir d'une boîte. Je me sens comme si j'étais en liberté conditionnelle, mais voilà, après des mois à mesurer mes paroles, je n'arrive pas actuellement à gérer ma capacité de parole retrouvée. Je confronte des attentes : on s'attend à ce que je rentre touchée, figée, devant l'ampleur du génocide. Moi, je reste surtout figée devant la désinformation et les tentatives maladroites de mémorisation entourant ce génocide. Il est trop tôt pour en raconter l'histoire, beaucoup trop tôt.

Quand les acteurs d'une pièce sont encore en scène, difficile d'en faire la critique constructive. Au Rwanda, des acteurs du génocide sont encore en scène, des acteurs qui font de la pression sur des témoins, des observateurs. Certains profitent de cette incapacité de parler, de cette peur de s'exprimer, pour passer des messages orientés. C'est pourquoi il faut actuellement diversifier ses sources, prendre du recul critique face à ce qui est dit, raconté et filmé, et surtout comprendre que les visions exposées sont partielles.

Comprendre que moi la première, je n'ai raconté que le centième de ce que j'ai vu, senti, pensé. Par prudence, par crainte, par besoin de recul.

1 commentaire:

Anonyme a dit...

je suis vraiment toucher par ce que tu dit annie, je parle tous les jour avec des membres de beni de la rd du congo a kivu nord , et il ne m'ont même pas informer du tremblement de terre a kivu sud et aucune information sur nos chaine national je suis triste de voir que des informations de ce type ce perd dans cette jungle d'information politique.
Merci de nous ouvrir les yeux.

laurent