11.12.2007

Justice traditionnelle à l'oeuvre

Vu l'ampleur des crimes de génocide à juger, les autorités rwandaises ont recours à des tribunaux traditionnels, les gacaca, basés sur un principe de "réparation". Le jury, composé de sept membres de la communauté, est appelé à se prononcer sur les exactions perpétrées par le quidam ordinaire (les infractions commises par les dirigeants étant réservées au Tribunal pénal international d'Arusha). Sur cette image, une prévenue du quartier de Nyamirambo à Kigali fait face à ses juges, sous les yeux d'habitants du district. Petites anecdotes : j'ai dû prêter mon crayon au président du jury car il avait oublié le sien. Aussi : notre reporter organisateur nous avait prévenu d'éteindre nos cellulaires, un dérangement de la Cour étant passible de trois mois de prison... il fallait le voir filer quand son propre cellulaire a retenti!

5 commentaires:

Makwa a dit...

Bonjour Annie, je me demande comment de tel tribunal peuvent faire justice. Comment un principe de réparation peut il fonctionné, comment peut on réparer un tel crime ? La population s’en accommode ?

Merci de traduire la pensé africaine pour moi ;-)

Annie a dit...

Cher Makwa, ce sont certes-là des questions plus que pertinentes! Les réponses ne font pas l'unanimité. Le Rwanda est une société plurielle : tous ne s'accommodent pas; controversé est le fait que les prévenus n'ont pas d'avocats pour les défendre... et ce système a été à la base conçu pour des conflits bcp plus légers nécessitant médiation. Je dirais que c'est le pragmatisme qui a poussé à ce recours. Ce qui dérange les dirigeants rwandais dans les critiques envers ce système, comme celles venant d'Amnesty, c'est que personne ne peut apporter une solution de rechange plus efficace. Ce sont des gens très fiers, tu sais, qui tiennent à leurs traditions. Bien sûr, il y a des erreurs commises qui vont à l'encontre des droits de prévenus... et pendant ce temps, des victimes trouvent que le génocide est irréparable. C'est une balance difficile.

Makwa a dit...

Bonjour Annie, je crois que le principe de réparation à la base est un bon principe, pour des crimes plus léger bien sur, et on aurait intérêt à l’introduire ici. Il est difficile pour moi, voir impossible de comprendre la mentalité africaine mais grâce à toi tranquillement les choses s’éclaire. En tant qu’anthropologue c’est tout un bagage que tu doit ramasser mais c’est surtout en tant qu’être humain ou tu doit grandir et également donner, chapeau!

Annie a dit...

Cher ami,
Une mentalite africaine, ca n'existe pas. Trop plurielle, cette Afrique. Ce qui caracterise le Rwanda : sa grande et riche diversite humaine, son mariage entre tradition et modernite, son osmose avec le reste du monde, et a la fois ses secrets qui sont jalousement gardes... quant a comprendre, cela prendrait au bas mot toute une vie. Disons a tout le moins que j'essaie.

Makwa a dit...

Je voulais m'excuser pour le poème que je t'ai laissé sur ton blog l'autre jour, je venais t'entendre a radio-canada une Congolaise je crois qui disais qu'il y a cinq milice dans sont pays don l'armé du pays et il pratique tous le viol comme arme de guerre et juste après au nouvelle on disait que des casques bleu avais abusé des femmes aussi, j'étais révolté. Est-ce équipé de gène pareille que l'on va pouvoir faire face au défie que notre race a à faire face. Je suis content d'avoir tombé sur ton blog, ça me redonne un peu confiance a la race humaine. Bonne journée chère Annie. En passant j’avais une petite sœur et tu lui ressemble beaucoup et elle s’appelait Annie ;-))