
"Oui, je le veux. " Avant que le marié ne lève le voile de son épouse et ne lui donne un très chaste baiser. La cérémonie se déroulait en l'Église catholique St-Michel, quartier Kiyovu, une église très centrale et très connue de Kigali. Suivait une réception où tous les invités demeurent assis pour assister à la remise de la dot (traditionnellement une vache, désormais l'équivalent du prix d'une vache en argent), à un spectacle de danse, aux discours des anciens, à la coupe du gâteau. Les invités reçoivent à boire, fanta ou brière Mutzig, et se partagent le gâteau. Mais aucun repas n'est servi : cela n'est pas dans la tradition rwandaise. Aucun pas de danse non plus. Les cérémonies mettent l'amphase sur l'oralité : discours aux mariés, chants religieux, transmission des voeux.

2 commentaires:
Me voilà de nouveau happée par ta prose, et mes propres souvenirs. Tu semble vraiment bien te débrouiller comme Muzungu. Le quartier des ambassades, j'imagine combien cela a été difficile de t'y résigner, mais en même temps, c'est peut-être le seul quartier où ton appart ne sera pas systématiquement squatté par les voisins pleins de bonnes intentions et de temps libre... Quel autre moyen de se ménager un espace intime?
Chesie, c'est la personne qui m'a le plus touchée au Rwanda. Que sont devenue ses deux petites filles? C'est elle qui m'a fait prendre conscience de la limite entre bons sentiments et capacité d'engagement. Ma limite, dont je ne suis pas fière, crois moi.
Je vois que tu survis brillament à la mise en lumière du côté obscur de la blanche conscience occidentale (nappée de bons sentiments) que ne manque pas d'opérer le continent noir. Ta capacité de remise en question sans en être détruite est vraiment exceptionnelle. Prends soin de toi, et de ce don d'étonnement qui signe ton ouverture d'esprit.
Nadine
Ma chère Nadine,
Les deux petites filles de Chésie grandissent. Elles sont belles.
Je ne suis pas fière de moi non plus, tu sais, parce que franchement, je vis en marge du 'vrai', comme une muzungu, et j'ai accès ici à la multitude de produits offerts qu'aux riches. Mon défi est de continuer mon chemin.
Tu sais, Chesie m'a fait mal moi aussi, j'étais contente de repartir, à mon corps défendant. Je me rendais compte de la grande noirceur dans laquelle elle vivait. Quoi de plus indécent ensuite que de penser à ces 500 dollars us que nous, les bazungus, grillons pour aller photographier les gorilles pendant une heure? Pas pour les regarder, non, mais bien pour les capturer en image, point barre. ET tu sais quoi? Desfois, je me dis que nous nous désintéressons des gens précisément parce que eux ne se laissent pas prendre facilement en photo.
Là réside sans doute cette part de destruction qui est la mienne : rester stoique devant le malheur, c'est perdre une part d'humanité. Mais je la retrouverai sans peine, je le sais.
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