8.17.2007

Coup d’Etat

Je me promène dans la rue, dans le quartier Kiyovu, le ciel est sombre, la pénombre s’installe doucement. Quelques chars d’assaut croisent mon chemin, un seul pour commencer, puis deux, trois, et combien d’autres… j’entends des coups de feu. Je presse le pas, pour regagner mon domicile qui, déjà, n’en est plus un que de nom. Mes bagages, je devrai les boucler en quelques minutes, avant de sauter dans un taxi pour joindre- si chance il y a- l’aéroport de Kigali. Je suis calme. C’était dans le domaine du possible. Le ciel est presque noir à présent, ou est-ce là le fruit de mon imagination…

« Les étrangers font beaucoup de cauchemars ici » m’avait dit un jour Christine, chercheure en psychologie dans le domaine du trauma d’après-génocide. Comme je ne me rappelle jamais mes songes, j’avais haussé les épaules. Ai raconté mon rêve de coup d'État à un journaliste. Je n'y pensais plus, mais le lendemain, il est revenu me voir avec une lueur d'inquiétude dans les yeux. "T'arrive-t-il de faire des rêves prémonitoires?" J'ai éclaté de rire et l'ai rassuré à cet effet : "Mes rêves traduisent habituellement mon état d'esprit, et non un État réel".

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