3.21.2008

Post partum

C'est Marie, compatriote doctorante, qui m'a ouvert les yeux :

- À notre retour de terrain, on a tendance à cesser d'écrire. C'est dommage. Après, on le regrette. Le cheminement du retour est parfois aussi important que le terrain lui-même.

Elle a raison et je lui envoie une fleur. La réadaptation à notre société nous envoie souvent des signaux de première importance : durant cette phase, les difficultés de réadaptation sont riches en information sur le terrain qui s'est achevé.
Par exemple, je suis devenue un peu parano, et mes amis s'en amusent. Au resto, je parle à voix basse, je jette des regards derrière mon dos, parfois je me penche un peu vers l'avant pour échanger des confidences. Je lis dans les regards aussi. Et lorsque je rentre dans une pièce, mon esprit enregistre rapidement la position géographique des bipèdes en présence.
Étrangement, les retours de terrain sont peu documentés. Parce qu'on en a marre, parce qu'on devient oisif ? Pas vraiment. On est trop pressés je crois de replonger dans nos notes pour tout raconter, oubliant les leçons à tirer de la descente d'avion.
Depuis mon retour, je suis pourtant plus productive que jamais. Mais mes efforts sont dirigés ailleurs. Mon blogue est en perdition. Mais cette période est résolue : je m'y remets!

1 commentaire:

Makwa a dit...

Heureux de lire ça. Je me demandais comment tu vivais ton retour, je suis presque rassuré ;)

Un fidèle lecteur impatient de te lire

Christian