Faux départ
Dans quoi je me suis embarquée ?
Jeudi, 22 mars. Je suis à l'aéroport de Montréal. On vient de m'apprendre (à la dernière minute) que mon vol pour Washington a été annulé. C'en est fait de ma connection pour Johanesburg, en Afrique du sud. Instant de panique : United Airlines s'en lave les mains, c'est mon problème semble-t-il (vive la sous-traitance). Du coup, il faut tout rebooker pour le lendemain, avec détour obligé par New York, New York. Non, je ne fais pas ici référence à la chanson bien connue, mais à la triste réalité : je dois atterrir à Newark, New York, mais redécoller à partir de JFK, New York. La navette entre les deux (une heure de route) sera à mes frais. Envolée aussi cette longue escale chez mon oncle Claude à Johanesburg, oncle que j'entreverrai à peine. Si je l'écris mot pour mot, c'est pour avoir des témoins : les compagnies aériennes américaines, c'est terminé.
Bienheureuse arrivée
Ouf, 15 heures de vol entre New York, New York et Johanesburg, c'est mauvais pour le cou, la peau, et surtout, pour le popotin. Après m'être tapé trois repas, deux longs métrages, un documentaire sur les éléphants, et dormi 6 heures, j'ai finalement touché le sol africain pour la première fois. À Johanesburg, j'ai eu le temps de voir Claude, son épouse Larissa et leur petit trésor, Daniel. De la ville à peine entrevue, je retiendrai ceci : si l'Apartheid politique est terminé, il reste un Apartheid économique encore plus pernicieux. Les blancs roulent en voiture. Les noirs marchent ou s'entassent dans un mini-bus. Les bidonvilles sont noirs, les quartiers riches presque exclusivement blancs. Un mince espoir : dans un complexe d'amusement hyper sécurisé, jadis réservé aux seuls blancs, j'ai vu un enfant noir courir avec trois petits visages pâles. Un jour, des couples mixtes se promèneront main dans la main, qui sait... mais je me demande si je rêve. Actuellement, Johanesburg, ville réputée la plus dangereuse au monde, croule sous l'insécurité. Qui osera donc emprunter le métro qui sera opérationnel dès 2010? Cette anecdote du rwandais Théo : de passage pour affaires pendant l'Apartheid, Théo s'est vu attribuer tous les avantages normalement dévolus aux blanc, afin qu'il puisse négocier en bonne et due forme. On a donc étampé sur son passeport l'insultante mention : « Temporary white ».
Topo Théo. Qui est-il ? C'est celui qui, dès mon arrivée à Kigali le lendemain, a tout mis en oeuvre pour me faciliter la vie. Il m'a accueillie à l'aéroport, m'a aidée à entreprendre mes démarches bancaires et de visa, en plus de me loger chez lui pour une semaine. Homme d'affaires divorcé, président de la Fédération rwandaise de karaté (ya!), il occupe une spacieuse maison tout près du centre-ville. J'ai rapidement fait connaissance avec Gérard, un autre ancien de l'Université Laval, qui enseigne à l'Université nationale du Rwanda. Il m'aide actuellement dans mes recherches de logement. Bref, je suis très très bien entourée (ya! ya!), nullement inquiétée côté sécurité (ya! ya!). Du coup, je confirme: la douane américaine est infiniment plus dangeureuse que Kigali (clin d'oeil à celui qui m'a soumis à un interrogatoire, sous prétexte que je voyage trop. Je confirme aussi que je ne suis pas une trafiquante d'armes).
Topo météo. Après une première journée dans les 35 degrés, j'ai demandé à Gérard, vaguement inquiète: « Suis-je la seule ici à trouver qu'il fait chaud aujourd'hui ? Le pire est-il à venir? ». La bonne nouvelle : non, je ne suis pas la seule à suer. La mauvaise : en août, ce sera pire. On dit du Rwanda qu'il est le pays de l'éternel printemps. L'éternelle canicule, oui!
Topo ville. Après un Sarajevo au creux des montagnes, me voici en plein coeur d'une ville bossue, toute de colline revêtue. Les rues sont partiellement pavées, les bidonvilles avoisinent des quartiers riches et généralement situés dans les hauteurs. J'ai exécuté ma première bibitte, par noyade : un modeste mille-pattes. Les arbres sont magnifiques, fleuris, la végétation verte, dense, riche, donc pas si sèche. Forcément, il pleut ponctuellement. Je ne suis surprise de rien, pour l'instant. Zéro effet de décalage horaire. Zéro inquiétude. Tout marche comme sur des roulettes !
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3 commentaires:
Salut Annie!
Content de te savoir enfin bien arrivée! :-) Profite bien de ton séjour là-bas et continue de te laisser aller dans tes envolés lyriques!!http://tabulas.com/~warm_wet_circles/
Amitités,
Stéphane et Zénith
Bonjour Annie! Tout s'est passé si vite que je réalise aujourd'hui que tu es là-bas! Heureuse par contre de savoir que tu es bien entourée! Bon séjour dans ce pays à découvrir et à nous faire découvrir!
Grosse bise,
Dominique
Bonjour Annie,
Contente que ton arrivée à Kigali se soit bien passée.
Ca y est, ton blog est dans mes favoris maintenant et je vais suivre tes péripéties à la trace.
Enjoy! Et je comptes sur toi pour donner des détails. :)
La tite soeur Nadienne.
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